Un
bidonville au Bangladesh. Ville de Daka. La photo aurait pu être prise sous d'autres tropiques, en d'autres latitudes, toujours en périphérie de la croissance économique.
Avec cette affiche, le CCFD entame une réflexion sur « le sens du développement » et s'interroge, en 2008, sur les conséquences pour l'humanité des modes de développement.
Force est de constater que le monde actuel se caractérise par la persistance d'inégalités entre pays et à l'intérieur des pays eux-mêmes, au Sud comme au Nord. Les 20% les plus riches de
la planète se partagent 85% du PNB mondial, du commerce et des capitaux, tandis que les 20% les plus pauvres ne s'octroient que 1,5% du PNB et moins de 1% du commerce et des capitaux.
Une situation qui ne fait qu'empirer : dans les années soixante, alors que les revenus du cinquième de l'humanité le plus favorisé étaient trente fois supérieurs à ceux du cinquième plus pauvre,
la proportion est aujourd'hui de 60 pour 1 !
La spirale du toujours plus (pour nous) et toujours moins pour les autres est un cercle infernal qui ne peut que conduire l'humanité au chaos. C'est ce que dit l'affiche de Notoriété 2008 du CCFD
qui dénonce aussi une prise de conscience sans remise en cause profonde d'un système qui ne peut plus perdurer.
Pour le bien être général, pour notre avenir, nous sommes «condamnés» à partager. Partager d'ailleurs des biens qui pour la plupart nous sont confiés et qui ne nous appartiennent pas.
Et la voie de chemin de fer, sur l'affiche, prend un caractère emblématique : symbole de la mondialisation, où les comportements des uns rejaillissent sur des millions d'autres? Voie sans issue
de la mainmise par un petit nombre sur les biens de l'humanité? Esquisse d'une nouvelle voie à emprunter, en redistribuant, mais aussi en limitant nos propres besoins pour faire valoir l'être au
dépend de l'avoir?
Des choix s'offrent à nous. Nous pouvons changer nos comportements, nos modes de consommation. Nous pouvons agir pour un avenir meilleur : par le don, instrument de
redistribution et donc de justice ainsi que par un engagement citoyen.